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︎ the shell around my self, 2021





the shell around my self





J’ai l’impression que mon utilisation du maquillage est mauvaise : je m’en sers comme d’un cache-pot. Il me permet de brouiller la perception de mon moi intérieur aux yeux des autres. Et des miens finalement. Je veux me retrouver. Je veux connaître mon visage sans artifice, me laisser réapparaître. La déconstruction est simple, mais violente : je capture mon visage mis à nu (pas de maquillage, une lumière la plus neutre possible, comme si je photographiais un objet), et je l’imprime en très grand. Je me retrouve face à chacun de mes pores, et je ne peux plus m’échapper. Forcé de se regarder, mon visage, en devenant autre, redevient mien. J’ai banalisé mon regard sur moi-même.

Sur 4 journées différentes, je réalise 4 autoportraits pour me rendre compte des micro changements sur mon visage.





Maintenant que j’ai renforcé ma perception de moi en me rendant vulnérable, je me rends compte à quel point je suis devenue fragile. Ma peur d’être observée et suivie s’accroît avec le développement des techniques de surveillance, et je me rends compte qu’il m’est absolument indispensable de recourir à un mécanisme de défense. Quoi de mieux que le maquillage pour me cacher ? Mais cette fois, il me protège sans me trahir. C’est un masque qui vient s’ajouter à mes traits et les brouille. Mieux encore, il révèle ma créativité.

Je ne suis pas maquilleuse, donc je fais appel à Julie, Agathe, Clara et Tali pour élaborer 8 looks anti-surveillance. Nous les testons grâce à nos téléphones, dont toutes les applications sont dotées d’un système de détection et de reconnaissance faciale. 









Voici une vidéo de l’installation de l’exposition de ma soutenance de mémoire à Gobelins, l’École de l’Image. 
Écrit & mis en oeuvre par Esther Balibar
Making of - Vincent Taraud
Assistants - Vincent Taraud, Matthieu Lescop, Augustin Decarsin & Emma Boudon
Make-up artists - Julie Hoyez, Agathe Mazzini, Clara Barban Dangerfield, Tali Grandin